Le projet de développement de la Communauté de Mbousnakh
Mbousnakh est le village d’Adama et de Awa. Il est situé à environ trois heures de Dakar, vers l’intérieur des terres, sur des routes pas toujours carrossables et il n’y a pas de transports publics. La population du village même est de moins de 1800 habitants mais avec la population des communautés des villages alentours, elle atteint presque 26 800 habitants.
Voici une photo de notre première visite à Mbousnakh avec Sarah Wallace à droite, le Néo-Zélandais Wendy Bobsein et Adama et Awa devant leur école. L’objectif de notre première visite en avril 2006 était de rencontrer leur famille. Lorsque nous les avons rencontrées, le directeur de l’école, les infirmières du centre sanitaire, tous les enfants et le chef du village nous ont invités à nous sentir à Mbousnakh comme chez nous. Sur la photo suivante, six mois après, Elena et Sarah se trouvent avec les deux jeunes filles.
C’est l’oncle des jumelles qui nous a expliqué que les adultes ne savaient même pas écrire leur nom et que les habitants de la communauté souhaitaient que ce soit différent pour leurs enfants. C’est pour cette raison que tous les enfants qui ont l’âge requis vont à l’école.
Nos relations avec la communauté du village se sont approfondies au cours de nos deux visites par an au point que nous avons commencé à monter un projet de développement économique basé sur le microcrédit pour les femmes. Celui-ci prévoit l’achat d’un moulin à grains. Moudre le grain pour le transformer en farine est l’activité qui requiert le plus de travail chez les femmes. Un prêt pour le développement de la part de la Foundation of American Women’s Clubs Overseas (FAWCO) a été concédé à Women for Girls et les élèves de la Honor Society of the High School of Low and Government and Community Service de Queens à New York ont recueilli des fonds pour le projet grâce à la vente de pâtisseries. Ces contributions serviront à l’achat du moulin à grains. Grâce au temps que les femmes vont gagner suite à la construction du moulin, elles pourront contribuer de manière plus efficace à la vie de la communauté.
Dans le village, un groupe communautaire très dynamique composé principalement de femmes et notamment d’une femme présidente s’est formé. Les priorités que ce groupe a mises en exergue concernent les domaines de la santé, de l’éducation et de l’agriculture. Elles veulent gagner plus d’argent afin d’acheter des médicaments et d’améliorer l’éducation et les services de santé publique ainsi que la prévention de la malaria et des maladies infectieuses, améliorer l’hygiène et assurer des visites prénatales et des visites médicales aux enfants de moins de 5 ans.
La troisième photo représente un lit de la maternité du centre sanitaire. Ce centre doit répondre aux besoins des populations de Mbousnakh et des villages alentours.
Elles veulent aussi améliorer qualitativement l’école en fournissant des formations aux enseignants et acheter plus de livres pour les élèves. Actuellement, il y a un livre scolaire pour quatre élèves. On voit sur la dernière photo le directeur de l’école dans la bibliothèque qui lui sert aussi de bureau. Les livres doivent répondre aux besoins de plus de 550 élèves.
La formation à l’Agriculture durable est aussi une priorité. La communauté entière, ainsi que le chef du village, pensent que l’initiative de la création du moulin peut offrir un démarrage effectif à la création nécessaire d’emplois qui pourrait servir de remède à l’exode rural et à ses conséquences dramatiques.
Ce village dynamique est prêt pour le changement et l’un des aspects importants de ce changement est qu’il adviendra de l’intérieur même de la communauté. Les villageois veulent devenir autonomes et ils pensent que le moulin à grains représente les fondements de ce changement.
Women for Girls organise à travers Tostan un cours de formation approfondie d’une durée de trois ans en Développement communautaire pour le groupe des femmes de Mbousnakh et des villages alentours. Des cours de formation technique pour la gestion du moulin et des thématiques relatives à la santé publique et aux droits humanitaires seront inclus dans ce projet. Pour plus d’informations sur Tostan et ses programmes communautaires, vous pouvez vous rendre à l’adresse web suivante www.tostan.org. Le Centre National de Recherche Agronomique (C.N.R.A.) qui se trouve dans un village proche fournira la formation à l’agriculture spécifique aux besoins du village.
Pendant ce temps
Women For Girls a rencontré les responsables officiels du gouvernement concernant les ressources en eau et sa distribution pour comprendre les problèmes liés à l’eau dans la région du Sahel. Le gouvernement local et le Groupe de la Communauté Mbousnakh ont fait une demande auprès du gouvernement national pour trouver de l’eau et obtenir des informations sur un projet de puits. Lors d’une de nos premières rencontres, il y a environ deux ans, les femmes du village nous ont précisé qu’il leur aurait été possible d’augmenter la production des récoltes s’il n’y avait pas eu le problème de l’eau. Alors que l’activité du moulin et la formation d’accompagnement Tostan font de grands pas en avant, Women For Girls veut essayer d’obtenir des fonds et créer un partenariat afin de construire un puits pour l’irrigation.
Le C.N.R.A. a donné son accord pour qu’un groupe de fermiers de Mbousnakh suivent une formation sur l’agriculture biologique durable et l’augmentation de la production des récoltes.
Il y a trois ans, nous avons rencontré une femme très dynamique à Dakar. Elle avait monté une société de production de jus de fruit et de confiture biologiques. Sa clientèle comprend des restaurants, quelques magasins ainsi que des particuliers. Bien sûr, elle voulait élargir son marché. Quand nous l’avons rencontrée, elle ne réussissait pas toujours à trouver les produits biologiques dont elle avait besoin et devait les acheter sur le marché auprès de différents producteurs à des prix plus élevés. Elle voulait un approvisionnement constant, et pas seulement en bissap (hibiscus), mais aussi avoir accès à d’autres fruits et graines qu’elle voulait commercialiser. WFG voulait lancer les producteurs de Mbousnakh dans ce projet, mais il fallait être sûr qu’ils possédaient la formation nécessaire qui leur aurait permis de fournir un approvisionnement constant en bissap et fruits divers nécessaires à la production des jus de fruit et de la confiture. Pour développer le marché et augmenter la croissance économique de Mbousnakh, WFG parla de ce projet à un importateur italien de produits issus du commerce équitable. Les fondateurs de cette organisation se joignirent à WFG lors du voyage suivant, rencontrèrent l’entrepreneuse, visitèrent le village et se révélèrent très impressionnés par le projet. Ils analysèrent les jus de fruit et les confitures qui correspondaient aux critères très exigeants définis par l’Union Européenne. Cependant le projet n’aboutit pas. Women for Girls reprendra le projet avec un autre importateur de commerce équitable lorsque la formation de l’organisation Tostan aura fait encore plus de progrès.
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