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Vue d’ensemble L’initiative du moulin de WFG du Projet de Développement de la Communauté de Mbousnakh (voir Projets) devrait être considérée bien plus que le résultat d’un simple microcrédit. Elle ne rentre pas dans le cadre d’un prêt de faible montant à remboursement régulier accordé par la Grameen Bank, et il ne s’agit pas non plus d’une petite entreprise individuelle. Elle ne correspond à aucun type de modèle de crédit non plus. La moitié du moulin est le résultat d’un don, qui s’est fait de femmes à femmes. Une grande partie des activités économiques que nous connaissons ne sont pas le résultat d’emprunts bancaires mais proviennent de l’argent prêté par des amis, par la famille ou même d’économies personnelles. Nos voyages à Mbousnakh pendant ces trois dernières années ont créé une relation de confiance, de respect mutuel et d’amitié croissante, ce qui nous rend vraiment heureux pour la réalisation de ce projet commun. L’autre moitié des dépenses sera remboursée sans intérêt et sans la pression d’un plan de remboursement rigide, par un fonds établi par le groupe de la communauté. Ce fonds sera utilisé pour améliorer le centre sanitaire, l’école et pour promouvoir d’autres initiatives de la communauté. Le village, y compris son chef, pensent que l’acquisition de ce moulin pourrait représenter la première étape d’un long processus permettant de créer des opportunités économiques. Les femmes qui possèderaient plus de temps grâce au moulin, pourraient rejoindre les autres de la communauté et passer plus de temps au travail collectif. Cela permettrait de développer une agriculture durable et de planter plus afin de pouvoir vendre la production de la communauté sur le marché. On pourra parler de croissance économique et de réduction de la pauvreté à Mbousnakh quand il y aura du travail pour tous ceux qui sont en âge de travailler. Le Plan de remboursement et l’Utilisation des Fonds Chaque mois, tant que la moitié du prêt pour le moulin n’aura pas été remboursée, une partie de l’argent obtenue grâce à la moulure des grains et des racines sera reversée dans le fonds de la communauté qui sera utilisé pour le centre sanitaire et l’école. Durant les deux années où nous avons ensemble planifié le projet, personne n’a jamais mentionné la possibilité d’un profit personnel. À ce moment-là, un microcrédit traditionnel et une petite entreprise auraient sûrement échoué dans ce village rural. Avec moins d’un dollar par jour, les villageois n’étaient pas en mesure d’acheter des biens ou des services. Au contraire, à Mbousnakh, la solidarité s’est transformée en responsabilité collective et le premier objectif du groupe de la communauté est de créer des emplois pour empêcher l’exode rural et aider les personnes qui étaient parties à revenir au village. Si le groupe accepte, ce fonds peut être éventuellement utilisé pour commencer un programme d’économies avec la possibilité de faire appel aux microcrédits au niveau individuel ou dans le cadre de petits groupes. L’éducation L’éducation représente le point essentiel du projet. Comment la communauté de ce village, dont les membres n’ont pas eu accès à l’instruction et ne savent pas écrire leur nom, peut-elle gérer ce projet ? Sans l’aide d’une formation adéquate cela n’aurait pas pu advenir et aurait échoué malgré la présence d’une bonne volonté, et actuellement un magnifique moulin à grains serait en train de rouiller au centre du village. Nous nous retrouverions encore face à un autre témoignage d’échec d’un projet mal géré. Le plus important pour Women for Girls est de développer ce qui est déjà existant. Pour nous, l’aspect essentiel du projet est que le changement advienne de l’intérieur et non pas de l’extérieur. Il ne doit pas se faire par l’intermédiaire d’acteurs externes qui essaieraient d’imposer un changement sur la base de standards qui n’appartiendraient pas au village. WFG est intéressée à toutes les remarques, idées ou suggestions. Nous avons l’esprit ouvert et pour nous contacter, il vous suffit d’aller à la rubrique Contacts. Pendant ce temps Women For Girls a rencontré les responsables officiels du gouvernement concernant les ressources en eau et sa distribution pour comprendre les problèmes liés à l’eau dans la région du Sahel. Le gouvernement local et le Groupe de la Communauté Mbousnakh ont fait une demande auprès du gouvernement national pour trouver de l’eau et obtenir des informations sur un projet de puits. Lors d’une de nos premières rencontres, il y a environ deux ans, les femmes du village nous ont précisé qu’il leur aurait été possible d’augmenter la production des récoltes s’il n’y avait pas eu le problème de l’eau. Alors que l’activité du moulin et la formation d’accompagnement Tostan font de grands pas en avant, Women For Girls veut essayer d’obtenir des fonds et créer un partenariat afin de construire un puits pour l’irrigation. Le Centre National de la Recherche Agricole (CNRA) a donné son accord pour qu’un groupe de fermiers de Mbousnakh suivent une formation sur l’agriculture biologique durable et l’augmentation de la production des récoltes. Il y a trois ans, nous avons rencontré une femme très dynamique à Dakar. Elle avait monté une société de production de jus de fruit et de confiture biologiques. Sa clientèle comprend des restaurants, quelques magasins ainsi que des particuliers. Bien sûr, elle voulait élargir son marché. Quand nous l’avons rencontrée, elle ne réussissait pas toujours à trouver les produits biologiques dont elle avait besoin et devait les acheter sur le marché auprès de différents producteurs à des prix plus élevés. Elle voulait un approvisionnement constant, et pas seulement en bissap (hibiscus), mais aussi avoir accès à d’autres fruits et graines qu’elle voulait commercialiser. WFG voulait lancer les producteurs de Mbousnakh dans ce projet, mais il fallait être sûr qu’ils possédaient la formation nécessaire qui leur aurait permis de fournir un approvisionnement constant en bissap et fruits divers nécessaires à la production des jus de fruit et de la confiture. Pour développer le marché et augmenter la croissance économique de Mbousnakh, WFG parla de ce projet à un importateur italien de produits issus du commerce équitable. Les fondateurs de cette organisation se joignirent à WFG lors du voyage suivant, rencontrèrent l’entrepreneuse, visitèrent le village et se révélèrent très impressionnés par le projet. Ils analysèrent les jus de fruit et les confitures qui correspondaient aux critères très exigeants définis par l’Union Européenne. Cependant le projet n’aboutit pas. Women for Girls reprendra le projet avec un autre importateur de commerce équitable lorsque la formation de l’organisation Tostan aura fait encore plus de progrès. Références Datar, Srikant, M. Datar, Epstein, Marc, J., Yuthas Kristi, “In Microfinance, Clients Must Come First” Stanford Social Innovation Review, Winter 2008, www.ssireview.org/articles/entry/in_microfinance_clients_must-come_first Global Development Research Center The Virtual Library Microcredit and Microfinance, Accessed October 2008 < www.gdrc.org/icm/index/html> The Grameen Bank, Accessed October 2008 <www.grameen-info.org > The Grameen Foundation, Accessed October 2008 <www.grameenfoundation.org> Karnini, Aneel, “Microfinance Misses Its Mark”, Stanford Social Innovation Review, Summer 2007, Accessed October 2008. <www.ssireview.org/articles/entry/microfinance_misses_its_mark/> Sabharwal, Gita, “From Margin to Mainstream, Microfinance Programs and Women’s Empowerment: the Bangladesh Experience” Center for Development Studies, University of Wales Swansea (2000), <www.gdrc.org/icm/wind/geeta.pdf> Profile: “World banker to the Poor”, Friday October 13, 2006 BBC News, <news.bbc.co.uk/2/hi/south_asia/6047234.stm> Rural Poverty in Bangladesh, Rural Poverty Portal, March 2007, Santi, Rozario, Dec. 15, 2007, “The Dark Side of Microcredit” Development Industry, <www.opendemocracy.net/article/5050/16_days/dowry_microcredit> Srivastava, Paritosh, “Reducing Poverty and Empowering Communities, UN Chronical Online Edition, <www.un.org.Pubs/chronicle/2005/issue3/0305p45.html>
Tucker, Jeffrey A. “Microcredit or Macrowelfare: The Myth of Grameen” 11/8/2006 Ludwig von Mises Institute. <mises.org/story/2375> |